Les musaraignes appartiennent à la quatrième famille de mammifères la plus riche en espèces, avec plus de 385 espèces réparties sur les cinq continents. Le Portugal abrite cinq espèces indigènes de véritables musaraignes, qui vivent dans des habitats terrestres allant des forêts denses et des terres agricoles rurales aux jardins urbains. Elles mènent leur petite vie discrète, cachées sous la litière de feuilles, à l’intérieur de troncs en décomposition, dans de vieux murs de pierre ou juste sous la surface du sol dans des terriers, et sont largement répandues à travers le pays. En raison de leur nature insaisissable et nocturne, il n’existe pas de chiffres exacts sur leur population, mais elles sont largement répandues à travers le pays.

Qui aurait cru qu’elles étaient si courantes ? Pour compenser leur durée de vie exceptionnellement courte (moins de 18 mois à l’état sauvage), elles se reproduisent rapidement : les femelles ont 2 à 4 portées par saison de reproduction, chaque portée comptant entre 2 et 10 petits. La majorité des espèces de musaraignes sont très promiscues : les femelles s’accouplent régulièrement avec plusieurs mâles au cours d’une même saison de reproduction, ce qui fait que chaque portée a souvent plusieurs pères.

Les musaraignes sont minuscules : elles comptent parmi les plus petits mammifères de la planète, mesurant entre 3,5 et 15 cm de longueur totale et pesant entre 1,5 et 100 grammes. C’est à peu près le poids d’un jeu de cartes ! Comme les petits ont une mauvaise vue, ils forment une file en s’accrochant à la queue de leur frère ou sœur qui les précède, créant ainsi une longue file indienne pour suivre leur mère. Dotés d’un métabolisme ultra-rapide, les petits comme les adultes doivent ingérer quotidiennement trois fois leur poids corporel ; s’ils ne le font pas, ils peuvent littéralement mourir de faim en quelques heures. Et voici une curiosité : alors que la plupart des bébés mammifères ont des dents de lait qu’ils perdent avec le temps, les musaraignes perdent leurs dents de lait alors qu’elles sont encore dans le ventre de leur mère ; elles naissent donc avec une dentition adulte complète, prête à mordre dans n’importe quoi.

Insectivores contre omnivores

À première vue, ils ressemblent à des souris, mais sont en réalité plus proches des taupes et des hérissons. Ce sont des insectivores qui se nourrissent notamment d’araignées, de mille-pattes et de vers. Les souris, quant à elles, sont des rongeurs et des omnivores opportunistes qui mangent presque tout, se nourrissant principalement de céréales, de graines et de fruits. Si vous croisez une musaraigne, vous remarquerez qu’elle possède un museau nettement plus long et plus pointu que celui des souris ; tandis que ces dernières ont de grandes oreilles bien visibles et de grands yeux, les musaraignes ont des oreilles minuscules, presque cachées, et de petits yeux brillants. Leurs dents sont également différentes. Les souris ont des incisives en forme de ciseau, tandis que les musaraignes ont des dents acérées et pointues.

Crédits : Pexels ; Auteurs : Christina & Peter ;

La Mégère apprivoisée

Poussés par leur métabolisme rapide, ces prédateurs solitaires ont la réputation d’être féroces, territoriaux et agressifs, et William Shakespeare a à juste titre intitulé sa pièce « La Mégère apprivoisée » pour établir une comparaison directe entre une femme féroce et de mauvaise humeur et une musaraigne tout aussi féroce et de mauvaise humeur !

De minuscules vampires

Certaines espèces de musaraignes comptent parmi les très rares mammifères venimeux de la planète ; leurs dents sont dotées de sillons leur permettant d’injecter un venin paralysant pour chasser des proies plus grandes qu’elles. Ce venin toxique et paralysant est produit directement par leurs glandes salivaires spécialisées. Le venin de musaraigne est généralement inoffensif pour nous, et une morsure ne provoque chez l’homme qu’une douleur localisée, un gonflement et une sensation de brûlure. Elles n’hibernent pas en hiver, mais pour économiser de l’énergie et survivre au froid, certaines musaraignes subissent une transformation biologique au cours de laquelle leur crâne, leur cerveau et leurs organes internes rétrécissent physiquement. Les Romains de l’Antiquité et les Européens du Moyen Âge croyaient que les musaraignes étaient dangereusement venimeuses, maudites par le diable, et même capables de provoquer la paralysie du bétail par simple contact.

Malodorantes

Les musaraignes sentent mauvais elles aussi, car elles produisent une sécrétion nauséabonde et musquée à partir de glandes cutanées spécialisées, qui leur sert de mécanisme de défense essentiel. À l’instar des mouffettes, elles libèrent cette odeur nauséabonde pour marquer leur territoire, laisser des pistes olfactives et repousser les prédateurs.

Les musaraignes ne sont généralement pas considérées comme de véritables nuisibles, mais plutôt comme des mammifères insectivores utiles. Cependant, leur appétit vorace, leur habitude de creuser et leur odeur âcre peuvent parfois en faire une nuisance dans les jardins ou des intrus accidentels dans les maisons.