Les marchés financiers anticipent déjà une nouvelle hausse avant la fin de l'année, les taux Euribor reflétant les anticipations d'un resserrement de la politique monétaire.
Jeudi 29 octobre, la BCE a annoncé sa décision à l’issue d’une réunion de deux jours à Francfort, maintenant son taux de dépôt à 2,50 %, son taux de refinancement principal à 2,65 % et son taux de prêt marginal à 2,90 %, soit les niveaux fixés en septembre.
Toutefois, cette pause pourrait s’avérer temporaire, les investisseurs s’attendant de plus en plus à une nouvelle hausse de 0,25 point de pourcentage lors de la prochaine réunion de la BCE, le 17 décembre, ce qui pourrait porter le taux de dépôt à 2,75 %.
Les inquiétudes persistent
Parmi les principaux facteurs influençant les dernières décisions de la BCE figure la hausse des prix de l’énergie, le conflit au Moyen-Orient ayant fait grimper les coûts du pétrole et du gaz, ce qui renforce l’incertitude quant à l’inflation dans l’ensemble de la zone euro.
Les chiffres de la BCE montrent que l’inflation annuelle est passée de 3,2 % en août à 3,8 % en septembre, le secteur de l’énergie ayant connu une hausse particulièrement forte, atteignant 18,9 %, contre 14,3 % le mois précédent.
Christine Lagarde a reconnu que la possibilité d’une hausse des taux d’intérêt avait été évoquée lors de la réunion de jeudi.
Toutefois, les décideurs ont finalement convenu d’attendre de disposer de davantage d’informations économiques avant de prendre une nouvelle mesure.
Comme le rapporte ECO, la présidente de la BCE a déclaré que l’institution était bien placée pour attendre et évaluer l’évolution de la situation, tout en avertissant que les risques d’inflation augmentaient.
La banque centrale est également confrontée au défi de maîtriser les prix sans exercer de pression supplémentaire sur une économie européenne déjà fragile, car si la hausse des coûts d’emprunt peut contribuer à contenir l’inflation, elle rend également les prêts plus onéreux pour les ménages et les entreprises, ce qui risque de freiner l’investissement et l’activité économique.
Crise de la dette
La situation en France est également devenue une source de préoccupation croissante pour les marchés financiers européens.
Les coûts d’emprunt des États ont augmenté dans plusieurs pays européens, la France faisant l’objet d’une attention particulière en raison des inquiétudes concernant ses finances publiques et de l’incertitude politique.
Mme Lagarde a averti que les pays fortement endettés devaient se préparer à des financements plus coûteux dans les mois à venir, car la hausse des coûts d’emprunt de l’État peut exercer une pression supplémentaire sur les budgets nationaux et compliquer la gestion de la dette par les gouvernements.
Par conséquent, la BCE cherche à trouver un équilibre entre la nécessité de maîtriser l’inflation et le risque que de nouvelles hausses des coûts d’emprunt puissent affaiblir la croissance économique et la stabilité financière.
Estimations de l’Euribor
Bien que la BCE n’ait pas encore annoncé une nouvelle hausse des taux, l’Euribor a réagi aux anticipations d’un resserrement de la politique monétaire.
Selon les chiffres d’octobre publiés par idealista, les taux moyens de l’Euribor à trois mois, six mois et douze mois sont restés nettement plus élevés qu’au début de l’année, après plusieurs mois de hausse.
Cette situation affecte déjà les ménages portugais ayant contracté des prêts immobiliers à taux variable.
Comme l’a rapporté ECO le 30 octobre, les mensualités hypothécaires devraient encore augmenter en novembre, même si les taux de l’Euribor ont légèrement baissé au cours du mois.
Pour un prêt immobilier de 150 000 € sur 30 ans, avec une marge de 1 %, les hausses mensuelles estimées varient en fonction de l’indice Euribor utilisé : celle du taux à trois mois s’élève à environ 17,39 €, celui à six mois d’environ 44,17 €, et celui à 12 mois d’environ 89 € par mois.
La différence dépend de la date de la dernière révision du prêt immobilier et du taux de référence utilisé par la banque.
Ces hausses montrent à quel point les fluctuations de l’Euribor peuvent affecter le budget des ménages, même lorsque la BCE maintient ses taux officiels inchangés.
Départ anticipé
La réunion du 27 octobre a également donné lieu à une annonce inattendue concernant l’avenir de la direction de la banque centrale.
Christine Lagarde a confirmé qu’elle quitterait la présidence le 7 février 2027, plusieurs mois avant la fin prévue de son mandat en octobre.
L’ancienne directrice générale du Fonds monétaire international a expliqué qu’elle souhaitait disposer d’une plus grande liberté pour s’exprimer publiquement sur des questions allant au-delà de la politique monétaire, ce que, selon elle, la neutralité politique de son poste actuel l’empêchait de faire.
Comme le rapporte ECO, Mme Lagarde a déclaré vouloir exprimer ses opinions et s’impliquer dans des questions ne relevant pas des responsabilités de la BCE.
Son départ intervient à un moment particulièrement délicat pour l’Europe, où l’incertitude économique, les tensions géopolitiques et les développements politiques en France viennent s’ajouter aux défis auxquels l’institution est confrontée.
Le processus de recherche de son successeur a déjà commencé, le Conseil européen étant chargé de procéder à cette nomination.









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