Les chiffres les plus récents montrent que le Portugal continue d'attirer les investissements. Au cours du premier semestre 2026, plus de 1 410 millions d'euros ont été investis dans l'immobilier commercial, soit une hausse de 14 % par rapport à la même période en 2025, environ 70 % de ces capitaux étant d'origine étrangère. En d’autres termes, les capitaux n’ont pas disparu ; ils sont simplement devenus plus sélectifs.
Le rapport « WMarket Review Mid-year 2026 » de WORX anticipe précisément un marché dans lequel les investisseurs institutionnels devraient privilégier les actifs de premier ordre ainsi que les stratégies « core+ » et à valeur ajoutée. Plus important encore, elle met en évidence un changement dans la manière dont le rendement peut être généré : par le repositionnement des actifs, l’amélioration opérationnelle, la croissance des loyers et les investissements en CAPEX, plutôt que de reposer uniquement sur la compression des rendements. Ce changement peut sembler technique, mais il représente une transformation significative : la valorisation devra de plus en plus être créée par les propriétaires et moins attendue du marché.
Les bureaux en sont un bon exemple. Dans l’agglomération de Lisbonne, l’absorption a reculé de 20 % au premier semestre, pour s’établir à 66 900 m², mais les loyers des immeubles de premier ordre ont augmenté dans la plupart des zones, atteignant 33 euros par mètre carré et par mois dans le quartier central des affaires (CBD) haut de gamme. L’étude associe la pérennité de ces valeurs à l’arrivée de bâtiments de haute qualité et à de nouvelles normes en matière de durabilité et de bien-être. On observe le même principe dans d’autres segments : dans la logistique, on privilégie des installations modernes, efficaces et techniquement adaptées ; dans le commerce de détail, les espaces doivent répondre à de nouvelles exigences en matière d’expérience, de commodité et d’omnicanal ; et, dans l’hôtellerie, les investisseurs et les exploitants recherchent des opportunités de création de valeur par la rénovation, le repositionnement et l’amélioration des indicateurs opérationnels.
C’est peut-être là que réside l’une des grandes tendances immobilières des années à venir : l’écart croissant entre les actifs de qualité et les actifs obsolètes. Depuis des décennies, nous répétons que les trois facteurs les plus importants dans l’immobilier sont l’emplacement, l’emplacement et l’emplacement. L’emplacement restera bien sûr déterminant, mais il ne suffira peut-être plus à lui seul.
La qualité de construction, l’efficacité énergétique, la flexibilité, la technologie, les coûts d’exploitation, la durabilité et la capacité à s’adapter aux besoins des utilisateurs pourraient peser de plus en plus lourd dans les décisions des entreprises, des investisseurs et des financiers. Cela engendre également un nouveau risque : un immeuble n’a pas besoin d’être inoccupé pour commencer à perdre de sa pertinence économique. Il peut être très fréquenté et devenir malgré tout progressivement moins compétitif face à une nouvelle génération d’actifs.
Le Portugal continue de bénéficier de la demande, des investissements internationaux, du tourisme et d’une pénurie d’offre de qualité. Mais le marché devient plus exigeant et plus différencié. C’est peut-être précisément là la caractéristique du prochain cycle : ce ne sera pas nécessairement un marché où tous les actifs prendront de la valeur, mais un marché où les meilleurs propriétaires devront savoir comment créer cette plus-value.
Et c’est ce qui transforme l’immobilier, le faisant passer d’une simple décision d’investissement à une véritable activité de gestion, de transformation et de création de valeur.









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